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Waneek Horn-Miller – Athlète – Water-polo

Membre de la nation mohawk de Kahnawake, Waneek Horn-Miller a appris à un jeune âge que se tenir debout devant l’injustice demande énormément de force et de résilience. Alors qu’elle avait 14 ans, elle était en première ligne d'un moment historique, protestant contre un développement immobilier sur des terres sacrées à Oka, en 1990. Lorsque des actes de violence ont éclaté entre les soldats canadiens et les militants mohawks au dernier jour de l’affrontement, elle a été blessée près du cœur par une baïonnette. Cette expérience traumatique d’avoir souffert cette blessure presque mortelle a nourri ses rêves comme athlète et activiste, déterminée à changer les choses dans le monde.

Après la crise d’Oka, les activités sportives ont aidé Waneek Horn-Miller à guérir les blessures émotionnelles qu’elle avait subies. Entre 1990 et 1997, elle a remporté plus de 20 médailles aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord. Elle a aussi porté le flambeau lors de la course sacrée, qui transporte un flambeau entre les communautés autochtones, symbolisant force et d’unité. Elle a commencé à jouer au water-polo à l’école secondaire, développant un esprit compétitif féroce et un bras puissant. Tout en excellant dans le sport qu’elle avait choisi en poursuivant des études en sciences politiques, elle a été nommée pour la première fois athlète féminine de l’année de l’Université Carleton en 1994-1995, méritant cet honneur trois années consécutivement.

En 1999, Waneek Horn-Miller a été élue joueuse par excellence de l’équipe féminine de water-polo du Canada après leur victoire aux Jeux panaméricains, à Winnipeg. Cette même année, elle a reçu le prix Tom Longboat qui récompense les athlètes autochtones pour leur contribution remarquable au sport au Canada. En 2000, elle a été nommée co-capitaine de l’équipe féminine de water-polo du Canada aux Jeux olympiques à Sydney, en Australie. Faisant partie de l’histoire alors que le water-polo féminin était ajouté au programme olympique pour la première fois, elle a aussi été la première femme mohawk du Canada à participer à des Jeux olympiques, ce dont elle avait rêvé de faire depuis qu’elle avait survécu à Oka.

Malgré ses succès avec l’équipe et après neuf années avec le programme national, Water Polo Canada a renvoyé Waneek Horn-Miller en 2003, après qu’elle a mené un groupe d’athlètes pour obliger Water Polo Canada à examiner leurs revendications d’abus de la part des entraîneurs. Une enquête a ultimement mené à leur renvoi. Waneek a nié l’argument que son renvoi était à cause de la cohésion d’équipe et que c’était plutôt une mauvaise interprétation discriminatoire de son héritage autochtone concernant l’honneur et le leadership, et qu’en tant que co-capitaine, elle a le devoir de protéger ses coéquipières, peu importe les circonstances. Allant jusqu’en arbitrage contre ses entraîneurs et ses coéquipières, elle a maintenu sa position. Ultimement, elle n’est pas retournée avec l’équipe, mais ses entraîneurs et coéquipières furent obligés de suivre un programme de sensibilisation culturelle et autochtone, faisant mieux connaître, auprès du public, les défis que doivent souvent affronter les athlètes autochtones au Canada. 

En 2010, Waneek Horn-Miller a été l’une des porteuses de flambeau lors du relais des Jeux olympiques d’hiver à Vancouver. Elle continue de faire la promotion de changements sociaux positifs en tant que conférencière sur la motivation et comme modèle. En 2015, elle a été nommée l’une des femmes les plus influentes en sport par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes et du sport (ACAFS). Présentement, elle mène des études supérieures en études autochtones, plus particulièrement sur la motivation, à l’Université de la Colombie-Britannique, espérant que ses études déboucheront sur des outils que les personnes autochtones et non autochtones pourront utiliser pour aider les athlètes à exceller.

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