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Les membres intronisés de 2020-2021

Le Panthéon des sports canadiens annonce les noms des membres intronisés de 2020-2021

27 mai 2020 – Le Panthéon des sports canadiens est fier d’annoncer les noms des membres qui seront intronisés au Panthéon des sports canadiens en 2020-2021 et qui recevront l’Ordre du sport, la plus grande distinction sportive au Canada. Compte tenu de l’incertitude concernant les restrictions sur la taille des foules, les interdictions de voyages et les mesures de sécurité générales, nous avons reporté leur célébration d’intronisation à 2021. Nous anticipons ce moment et introniser ce groupe remarquable d’athlètes et de bâtisseurs qui continuent de construire leur sport, leur communauté et notre pays.

Six athlètes et cinq bâtisseurs ont été choisis cette année pour célébrer et marquer le 65e anniversaire du Panthéon des sports canadiens. Ils ont été choisis, parmi plus de 260 nominations venant du public, par un comité formé de chroniqueurs sportifs, écrivains, académiciens et athlètes. Les critères de sélection comprenaient leur habileté à être un meneur et une source d’inspiration sur et à l’extérieur du terrain de jeu, leurs exploits sportifs et la reconnaissance du rôle qu’ils continuent de jouer pour bâtir le Canada grâce au sport et pour ce qu’ils apportent à leurs communautés.

Les membres intronisés de 2020-2021 au Panthéon des sports canadiens sont les suivants :

« En ces temps incertains, nous sommes heureux de pouvoir partager cette bonne nouvelle et d’avoir ce remarquable groupe d’individus à introniser l’an prochain au Panthéon des sports canadiens. Nous n’avons jamais été aussi fiers de notre histoire sportive, de nos champions et de leur esprit communautaire. Nous reconnaissons formellement ces athlètes et ces bâtisseurs qui symbolisent et partagent les valeurs sportives qui sont aussi les valeurs communes canadiennes : le respect, l’égalité, la justice et l’ouverture. Nous anticipons rassembler le Canada en 2021 pour célébrer ce groupe exceptionnel d’individus lorsque nous les introniserons et leur remettrons l’Ordre du sport pour leurs contributions à notre pays au-delà du sport », a déclaré Cheryl Bernard, présidente et chef de la direction du Panthéon des sports canadiens.

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À PROPOS DE L’ORDRE DU SPORT
Le Panthéon des sports canadiens a créé l’Ordre du sport pour moderniser la reconnaissance du sport par les Canadiens et refléter son importance culturelle grandissante associant les plus grands champions sportifs au plus grand bien collectif. L’Ordre du sport confère un prestige et une optique qui renouvelle la crédibilité de nos champions et les encourage à se présenter sous les réflecteurs avec une volonté accrue. Avec l’Ordre du sport nous offrons une plateforme et prolongeons la passerelle pour ces champions qui unissent sport + esprit. Cliquez ici pour des informations additionnelles à propos de l’Ordre du sport,

À PROPOS DU PANTHÉON DES SPORTS CANADIENS
Situé à Calgary, en Alberta, au Parc olympique Canada de WinSport, le Panthéon des sports canadiens est un organisme de bienfaisance enregistré et a été une institution culturelle vitale au Canada au cours des 65 dernières années. En tant qu’un des plus vieux musées d'Amérique du Nord, nous nous concentrons sur la reconnaissance, l’éducation, la conservation et le leadership intellectuel. Ces quatre piliers nous aident à soutenir et célébrer les héros sportifs pour la valeur de leur contribution et l’influence qu’ils ont auprès de leurs communautés. Plus de 673 individus ont été intronisés au Panthéon depuis sa création en 1955, et en date de 2019, le nouvel Ordre du sport est remis aux plus grands athlètes et bâtisseurs canadiens dans le cadre de leur intronisation pour le rôle qu’ils continuent de jouer à bâtir le Canada grâce au sport.

ÉVÉNEMENTS MAJEURS DE 2020 – REMIS JUSQU’EN 2021
À cause de la situation due à la COVID-19 et l’incertitude sur les restrictions quant à la taille des événements et les interdictions de voyages, nous avons pris la difficile décision de remettre jusqu’en 2021 nos deux événements majeurs de reconnaissance et de levée de fonds (la Soirée gala de bienfaisance Sport + Esprit de 2020 qui devait avoir lieu aujourd’hui, incluant la conférence de presse du matin pour annoncer les intronisés de 2020 et le Festival d’intronisation du mois d’octobre). Nous anticipons ce moment et introniser ce groupe remarquable d’athlètes et de bâtisseurs et leur remettre l’Ordre du sport.

La santé et le bien-être de nos employés, visiteurs, bénévoles, membres du Panthéon, conseil des gouverneurs, familles et étudiants constituent notre priorité absolue. En date du 16 mai 2020, nous avons fermé le musée au public jusqu’à la fin de cette année. Même si l'édifice du musée est fermé, le Panthéon des sports canadiens s’engage à maintenir la totalité de sa programmation. Nous continuerons d’offrir nos programmes éducatifs en ligne, ainsi que nos expositions itinérantes communautaires lorsque les restrictions seront levées et qu’il sera sécuritaire de le faire. Même s’il n’est pas possible de se rassembler en personne à ce moment-ci, l’équipe du Panthéon des sports canadiens continuera de chercher de nouvelles façons innovatrices de joindre, informer et inspirer tous les Canadiens dans les mois qui viennent.

 

POUR DES INFORMATIONS ADDITIONNELLES, VEUILLEZ COMMUNIQUER AVEC :

Ruth Cowan
Agente de liaison
rcowan@cshof.ca


John "Jackie" Barrett - Athlète, Dynamophilie et athlète des Olympiques spéciaux

Les personnes ayant des déficiences intellectuelles font face à des défis particuliers, souvent définis par les perceptions sociales limitatives de leurs différences. Né autiste, Jackie Barrett a décidé de tailler son propre chemin lorsqu’il a réalisé que la vie lui avait l’occasion unique de dire au monde entier « Je relève le défi. » Au cours d’une carrière de 28 années comme athlète des Olympiques spéciaux, dont 20 comme dynamophile, sa détermination, sa discipline et sa persévérance ont forcé l’admiration du monde entier, brisant le moule de la perception qu’ont plusieurs personnes au sujet des athlètes des Olympiques spéciaux. Nageur talentueux, il a commencé à lever des haltères alors qu’il était à l’école secondaire et a continué de fréquenter le gymnase de manière assidue tout en obtenant un baccalauréat en commerce de l’Université Saint Mary’s, à Halifax.

Il a donné un nouveau sens au concept d’athlète qui se motive lui-même, exigeant continuellement le meilleur de lui-même alors qu’il s’entraînait de façon indépendante pour atteindre ses objectifs personnels de condition physique. Déterminé de réaliser son plein potentiel, il s’est donné en toute confiance le surnom « L’Hercule d’Halifax », qu’il a plus tard remplacé par « L’orignal de Terre-Neuve » lorsqu’il a déménagé à Corner Brook, en 2008.

Jackie Barrett a pris part pour la première fois aux Olympiques spéciaux de 1987 en natation, avant de changer pour la dynamophilie en 1995, à la suite de la suggestion d’un entraîneur qui avait vu sa passion à lever des haltères. Il a par la suite gagné 20 médailles d’or au cours de 5 présences aux Jeux d’été du Canada d’Olympiques spéciaux et le nombre impressionnant de 13 médailles d’or en 4 présences alors qu’il représentait le Canada aux Jeux d’été mondiaux d’Olympiques spéciaux.

Il a pris sa retraite après avoir établi de nouveaux records à l’épreuve de flexion de jambe (squat) avec une barre à 277,5 kg (611 lb), au soulevé de terre (deadlift) avec une barre à 297,5 kg (656 lb) et au total des trois épreuves avec un pointage de 697,5 kg (1538 lb) aux Jeux d’été mondiaux d'Olympiques spéciaux de 2015 à Los Angeles. C’est à cette compétition qu’il a aussi battu le record absolu de flexion de jambe de Terre-Neuve-et-Labrador dans la catégorie des maîtres super-lourds.

Jackie Barrett a été nommé athlète masculin de l’année par Olympiques spéciaux Canada en 2000 et en 2015. Il a aussi reçu en 2015 le prestigieux prix Dr. Frank Hayden Athlete Lifetime Achievement Award d’Olympiques spéciaux Canada et est devenu le premier athlète des Olympiques spéciaux à être mis en nomination pour le trophée Lou-Marsh, décerné au meilleur athlète au Canada.

En 2019, il a établi un nouveau précédent à titre de premier athlète des Olympiques spéciaux à être intronisé au Temple de la renommée des sports de la Nouvelle-Écosse. Après avoir pris sa retraite de la compétition, Jackie Barrett a continué d’agir comme mentor auprès d’autres dynamophiles, tout en œuvrant bénévolement comme conférencier, ambassadeur et entraîneur pour le Programme de leadership pour athlètes d’Olympiques spéciaux Canada.

Il a également été recruté pour travailler au sein d’un comité chargé de développer le manuel technique de dynamophilie pour le Programme national de certification des entraîneurs, qui est maintenant utilisé partout au Canada. Athlète très accompli, Jackie Barrett demeure à l’avant-plan du mouvement des Olympiques spéciaux au Canada, jetant un nouvel éclairage sur ce que les personnes ayant des déficiences intellectuelles peuvent réaliser dans le sport et dans la vie.


Sonja Gaudet - Athlète, curling en fauteuil roulant

Née dans la ville de North Vancouver, Sonja Gaudet a grandi en pratiquant une grande variété de sports, allant du basketball et du volleyball à la natation, au tennis et au ski. Après avoir déménagé à Vernon, sa vie a été transformée à jamais lorsqu’un accident survenu alors qu’elle faisait de l’équitation l’a laissée paralysée de la poitrine aux pieds à l’âge de 31 ans. Mariée et mère de deux jeunes enfants, sa famille l’a aidée à trouver la confiance nécessaire pour faire l’essai de plusieurs sports paralympiques différents, alors qu’elle s’habituait à la vie en fauteuil roulant. Plutôt que mettre l’accent sur ses limites, elle a refusé de baisser les bras, et les habiletés qu’elle avait conservées, ainsi que celles qu’elle a développées à la suite de sa blessure, ont acquis plus de nuances et de profondeur. Déterminée à améliorer l’accessibilité pour les autres personnes de sa communauté vivant avec des déficiences physiques, elle a fait connaissance par hasard avec le curling en fauteuil roulant lorsque le club de curling de l’endroit lui a demandé son aide pour rénover leurs toilettes et les rendre accessibles aux fauteuils roulants. Le club se préparait à être hôte d’un atelier de curling pour débutants, et son intérêt a été piqué. Elle a ultimement participé à l’atelier et, à l’âge de 37 ans, s’est découvert une passion et un talent naturel pour ce sport.

Quand Sonja Gaudet a commencé à compétitionner sur la scène internationale, elle était devenue une force impossible à arrêter. Première de son équipe à s’exécuter, elle a aidé Équipe Canada à gagner la médaille d’or aux Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin, la même année où ce sport est devenu une discipline paralympique. Elle a répété sa performance en or avec Équipe Canada aux Jeux paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, devant ses compatriotes, et à nouveau, aux Jeux paralympiques d’hiver de 2014 à Sotchi, alors qu’elle a eu l’honneur d’agir comme porte-drapeau pour le Canada lors des cérémonies d’ouverture. En plus de ses succès paralympiques, Sonja Gaudet a mérité des médailles d’or comme membre de l’équipe canadienne aux Championnats du monde de curling en fauteuil roulant en 2009, 2011 et 2013. Toujours motivée à trouver des moyens d’améliorer son jeu, elle a été la première curleuse en fauteuil roulant à utiliser une pièce d’équipement novatrice en compétition internationale, un « poteau d’équilibre » en aluminium qui était fixé à sa chaise et qui lui permettait de conserver son équilibre, d’avoir plus de contrôle et de puissance lorsqu’elle lançait sa pierre, lui procurant plus de précision et de contrôle de la distance.

En hommage à ses réalisations sans précédent, Sonja Gaudet a été la première curleuse en fauteuil roulant à être intronisée au Temple de la renommée du curling canadien en 2013 et elle a été intronisée au Temple de la renommée des sports de la Colombie-Britannique en 2020. Elle a pris sa retraite de la compétition en 2016 et, en 2018, Postes Canada a émis un timbre honorant sa carrière dans sa série « Championnes des sports d’hiver » qui comprenait cinq autres athlètes olympiques.

Son remarquable parcours, allant d’un atelier pour débutant dans un club de curling de l'endroit à la première marche du podium paralympique, est directement lié à sa capacité de s’adapter à des situations difficiles tout en conservant un esprit ouvert et une attitude positive. Sonja Gaudet continue de faire appel à son expérience pour aider les autres, agissant comme conférencière en motivation dans les écoles et occupant un emploi comme spécialiste en accessibilité avec la Thompson Okanagan Tourism Association, faisant la promotion d’initiatives favorisant l’accessibilité pour tous dans l'ensemble de l’industrie du tourisme en Colombie-Britannique. Elle agit également comme ambassadrice pour le Comité paralympique canadien et comme spécialiste du soutien entre pairs avec Spinal Cord Injury BC, qui amasse des fonds et travaille à sensibiliser le public afin d’améliorer les endroits accessibles, les loisirs et le vécu de tous, peu importe leurs habiletés.


Diane Jones Konihowski - Athlète, athlétisme

Diane Jones Konihowski a marqué le sport canadien pendant plus de 45 années en tant qu’athlète, entraîneure, bénévole, administratrice et journaliste. Elle a perfectionné ses habiletés en athlétisme alors qu’elle étudiait à L’Université de la Saskatchewan et a par la suite connu des succès internationaux en pentathlon. Elle a gagné sa première médaille sur la scène internationale en 1969, méritant le bronze en saut en hauteur aux Jeux de la conférence du Pacifique. Par la suite, elle a représenté le Canada aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, terminant au dixième rang au pentathlon. Elle a mérité une autre médaille de bronze aux Jeux mondiaux universitaires de 1973 à Moscou, en Russie. De retour au pays pour les Jeux olympiques de 1976 à Montréal, elle a pris le 6e rang au pentathlon et le 11e au saut en longueur. Elle a décroché le titre de championne internationale après avoir mérité des médailles d’or au pentathlon aux Jeux panaméricains de 1975 et 1979 et une autre médaille d‘or aux Jeux du Commonwealth de 1978, à Edmonton, établissant des records canadiens et occupant le premier rang mondial. Ses exploits ont fait d’elle l’une des athlètes de sa génération qui ont connu le plus de succès, recevant un nombre impressionnant de prix et de nominations à des temples de la renommée. En 1978, le trophée Bobbi Rosenfeld lui a été décerné à titre d’athlète féminine de l’année au Canada, ainsi que le trophée Velma Springstead à titre d’athlète féminine par excellence. Cette même année, elle a été nommée membre de l’Ordre du Canada. Considérée comme l’une des meilleures candidates pour une médaille aux Jeux olympiques de 1980 à Moscou, la possibilité de monter sur le podium lui a été ravie lorsque le Canada s’est joint au boycott international pour protester contre les actions militaires soviétiques en Afghanistan. Déçue, mais déterminée de ne pas gaspiller 16 années d’entraînement et de compétition, elle remporte, à Philadelphie, la Classique Liberty Bell, surnommée « les Olympiques de rechange », et deux semaines après les Jeux olympiques de 1980, en Allemagne, elle gagne la médaille d’or au pentathlon devant les trois médaillées de Moscou.

Les exploits de Diane Jones Konihowski lui ont donné l’expertise et la confiance pour aider d’autres athlètes de haut niveau à réaliser leurs rêves. S’établissant à Calgary, l'Alberta Sport Council la nomme, en 1985, directrice du Plan des Jeux olympiques de l’Alberta, chargée d’accroître le nombre d’athlètes provinciaux au sein de l’équipe olympique canadienne de 1988. Au niveau national, elle a été, en 1994, directrice du marketing pour le premier Centre national de sport. En 2000, elle agit comme chef de mission auprès de l’équipe canadienne olympique à Sydney, en Australie. De 1986 à 2010, elle a siégé comme administratrice au sein de plusieurs conseils d’administration nationaux, dont l’Association canadienne des entraîneurs, le Centre canadien sur le dopage sportif, SportJeunesse Canada et le Comité olympique canadien. Pendant plusieurs années, elle a été présidente du conseil d’Esprit sportif Canada et du Fonds de bourses du relais de la flamme olympique de Petro-Canada. Jamais satisfaite de se contenter de ses acquis, elle a également contribué à plusieurs initiatives de service communautaire. En 2010, elle a été nommée présidente et chef de la direction de SportJeunesse Canada, un programme qui aide les jeunes à surmonter les difficultés financières afin de prendre part à une activité sportive pendant une saison complète. Elle a aussi développé le Programme d’éducation de la jeunesse par le sport qui forme des athlètes pour qu’ils deviennent des modèles et agissent comme conférenciers sur la motivation dans les écoles de l’Alberta. Elle a aussi reçu des doctorats honorifiques en droit de l’Université Brock et de l’Université de la Saskatchewan. Présentement, elle occupe le poste de directrice du financement et des communications pour Distress Centre Calgary, le seul organisme qui offre un soutien en cas de crise 24 heures sur 24 à Calgary.


Lorie Kane - Athlète, golf

Lorie Kane est née et a grandi à Charlottetown et a commencé à jouer au golf alors qu’elle avait cinq ans, amorçant une longue carrière qui allait faire d’elle l’une des athlètes les plus connues de ce sport. Alors qu’elle perfectionnait ses habiletés, elle a gagné deux fois le Championnat junior féminin de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.) et neuf fois le Championnat amateur féminin de sa province entre 1983 et 1992. Sur la scène internationale, elle a gagné le Championnat amateur mexicain en 1991, a fait partie de l’équipe canadienne au Championnat amateur mondial en 1991 et a représenté le Canada aux Jeux du Commonwealth en 1991, à la Coupe du monde en 1992, 2005, 2006 et 2008 et aux Jeux panaméricains en 2015. Elle a joint les rangs professionnels en 1993 et, trois années plus tard, obtient son statut d’exemptée sur le circuit de la Ladies Professional Golf Association (LPGA). En 2000, elle remporte sa première victoire en tant que professionnelle au Michelob Light Classic, à Saint-Louis, le premier de quatre titres qu’elle remporterait cette année-là. Entre les années 2011 et 2018, après avoir rejoint le circuit des légendes, elle a mérité cinq autres titres de la LPGA. Elle a aussi atteint le nombre record de 30 participations au Championnat national féminin ouvert du Canada et a gagné le Championnat féminin de la PGA canadienne à quatre reprises, soit consécutivement de 1996 à 1999 et à nouveau en 2001.

La combinaison de sang-froid, patience et ténacité qui étaient la marque de commerce de Lorie Kane, ainsi que sa volonté de rester humble et de tirer des leçons de l’adversité l’ont amenée à avoir du succès à tous les niveaux de compétition. Son enthousiasme et son accessibilité ont fait d’elle un modèle exemplaire pour les plus jeunes et une favorite de toujours auprès du public. En 1997 et en 2000, elle a été nommée athlète féminine de l’année au Canada et en 2006, elle a reçu l’Ordre du Canada en reconnaissance de ses réalisations à l’avant-garde du golf féminin. En 1998, la LPGA lui a remis le prix Heather Farr Player Award en reconnaissance de son engagement et de sa passion pour le golf et en 2000, les joueuses lui ont décerné le prix William and Mousie Powell Award à titre d’athlète qui personnifie le mieux l’esprit et les valeurs de la LPGA.

Les succès de Lorie Kane et son style de jeu généreux sont le miroir de son engagement exceptionnel auprès de nombreuses causes méritoires. Alors qu’elle agissait comme ambassadrice pour la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique, elle a joué un rôle déterminant dans la création du programme CP a du cœur et a aidé à amasser plus de 20 millions de dollars pour améliorer la santé cardiaque au Canada; de plus, elle a elle-même visité des patients et a recruté d’autres golfeuses de la LPGA pour qu’elles appuient ce programme. Elle a aussi œuvré comme bénévole auprès de plusieurs organismes communautaires de l’Î.-P.-É., y compris Repaires jeunesse du Canada et les Œuvres de bienfaisance pour enfants Ronald McDonald. Depuis 1997, elle travaille avec SportJeunesse pour aider les enfants défavorisés à pratiquer le sport, agissant comme première ambassadrice de l’Î.-P.-É. pour ce programme. Sa propre initiative de levée de fonds, la classique annuelle Lorie Kane Charity Golf Classic, a amassé plus de 850 000 $ pour diverses œuvres de bienfaisance dans sa province. Réalisant la promesse de la devise officielle de la LPGA d’agir comme instigatrice (Act Like a Founder), elle a brillamment enrichi son sport et sa communauté pour les générations à venir.


Eric Lamaze and Hickstead - Équipe, sports équestres – saut d’obstacles

Eric Lamaze a grandi dans un foyer dysfonctionnel à Montréal. Il était naturellement athlétique et a commencé à monter à cheval à l’âge de 12 ans, troquant souvent son travail à la ferme contre du temps à cheval. Décrochant de l’école à un jeune âge, il a fait son chemin de façon tenace jusqu’au plus haut niveau des sports équestres par la seule force de son talent et de sa détermination. En 1991, il atteint le niveau des Grands Prix et l’année suivante, il est nommé au sein de l’équipe équestre du Canada. Alors que sa carrière était florissante, un respect durement acquis du pouvoir rédempteur du sport l’a préparé à forger l’un des partenariats qui ont connu le plus de succès dans l’histoire du saut d’obstacle international.

Mesurant 16 mains, l’étalon KWPN Hickstead était vu comme étant trop petit et difficile à manier par plusieurs autres cavaliers jusqu’à ce qu’Eric Lamaze décide de tenter sa chance avec lui. Déterminé à développer l’habileté naturelle exceptionnelle qu’il avait devinée derrière l’apparente personnalité rebelle du cheval, il a patiemment travaillé pour gagner sa confiance. Créant un lien qui n’était ni plus ni moins que magique, Eric Lamaze et Hickstead ont gagné tous les Grands Prix majeurs au monde entre 2007 et 2011, lors de compétitions qui les ont menés de Calgary à Genève, Aix-la-Chapelle, La Baule et Rome. En 2007, ils ont mérité une médaille d’argent en équipe et une de bronze en individuel aux Jeux panaméricains à Rio de Janeiro. Membre de l’équipe canadienne de saut d’obstacles qui n’était pas parmi les favorites aux Jeux olympiques de 2008 à Beijing, le duo irrépressible a mené le Canada à une médaille d’argent en équipe et a gagné une médaille d’or sans précédent à l’épreuve individuelle de saut d’obstacles. Point culminant de sa carrière, Eric Lamaze est devenu le premier Canadien à être couronné champion olympique au concours individuel de saut d’obstacles et aussi premier Canadien à terminer l’année classé au premier rang par la Fédération équestre internationale, un exploit remarquable qu’il a répété en 2010 et 2011. Les deux ont atteint le carré d’as aux Championnats du monde de 2010, où ils en sont sortis avec une médaille de bronze en individuel et où Hickstead a reçu le titre de « Meilleur cheval ».

En 2011, Hickstead est décédé subitement, victime d’une rupture de l’aorte durant une compétition de Coupe du monde en Italie. Une année plus tard, lors d’un hommage émouvant et accompagné de John Fleischhacker, le propriétaire de Hickstead, Eric Lamaze a dévoilé, sur les terrains de concours de Spruce Meadows, près de Calgary, une statue grandeur nature du partenaire qu’il avait perdu. Commémorant son héritage, le Trophée Hickstead est remis annuellement depuis 2012 au « cheval de l’année » par Canada équestre. Entraîneur influent et modèle pour la prochaine génération de cavaliers en sports équestres, Eric Lamaze continue de prendre part à des compétitions et de connaître du succès. En 2016, il a mérité la médaille de bronze au concours individuel de saut d’obstacles aux Jeux olympiques à Rio de Janeiro et le nombre incroyable de quatre Grands Prix au cours de la saison 2019 à Spruce Meadows. La persévérance qui a caractérisé sa prolifique carrière suscite encore plus l’admiration après qu’il a révélé publiquement qu’il combat une tumeur au cerveau depuis 2017. Son périple exemplaire continue d’immortaliser le lien qu’il partageait avec Hickstead, « le cheval de sa vie », prouvant que ce qui transforme les champions en légendes vient ultimement du cœur.


Steve Nash - Athlète, basketball

Même si le basketball a été inventé par un Canadien, le Dr James Naismith, à la fin du 19e siècle, ce sport est curieusement demeuré peu présent au Canada jusqu’à ce que Steve Nash le mène vers de nouveaux sommets environ un siècle plus tard. Né à Johannesburg, en Afrique du Sud, il a grandi à Victoria, en Colombie-Britannique, où il excella au basketball à son école secondaire. Après que ses entraîneurs l’ont encouragé à faire des demandes de bourse pour étudiants-athlètes aux États-Unis, il a commencé à se faire une renommée en 1992 comme meneur de jeu à l’Université Santa Clara. Au cours de sa carrière universitaire, il a aidé Santa Clara à se qualifier pour trois tournois de la NCAA et a mérité le titre de joueur de l’année de la West Coast Conference en 1995 et 1996.

Steve Nash a été recruté par l’Association nationale de basketball (NBA) en 1996, amorçant une carrière légendaire de 19 années avec les Suns de Phoenix, les Mavericks de Dallas et les Lakers de Los Angeles. Humble et authentique, il était un passeur exceptionnel, un marqueur fiable dans les moments critiques et un compétiteur féroce qui est toujours demeuré généreux envers les autres et possédant un esprit d’équipe authentique. Nommé au sein de l’équipe d’étoiles à huit reprises, il a mené la NBA quant au nombre de passes décisives à cinq occasions et rendait ce sport plus dynamique lorsqu’il était sur le court. En 2005, il est devenu le premier Canadien à être nommé joueur le plus utile de la NBA et l’année suivante, il s’est à nouveau distingué en devenant seulement l’un des 12 joueurs de la NBA à remporter ce titre deux années consécutives. Il a aussi représenté le Canada en compétition internationale, aidant l’équipe nationale de basketball à gagner une médaille d’argent en 1999 et une médaille de bronze en 2001 au Championnat des Amériques de la FIBA. Il a aussi mené l’équipe olympique de basketball du Canada à une présence historique en quart de finale olympique en 2000, à Sydney, en Australie.

Récipiendaire du trophée Lou Marsh en 2005 à titre de meilleur athlète au Canada, Steve Nash a aussi reçu le prix Lionel Conacher comme athlète masculin de l’année en 2002, 2005 et 2006 et s'est vu remettre l’Ordre du Canada en 2007. Il est membre du Ring of Honour des Suns de Phoenix et son maillot portant le numéro 13 a été retiré en 2015 (son maillot universitaire portant le numéro 11 a également été retiré par l’Université Santa Clara). Il a été intronisé au Temple de la renommée James Naismith en 2018. Déterminé à utiliser son statut pour aider les autres, il a mis sur pied la Fondation Steve Nash en 2001; cette fondation est active au Canada et aux États-Unis et vise à accroître l’accès aux besoins essentiels en santé et en éducation pour les collectivités sous-desservies dans sa province natale de la Colombie-Britannique et ailleurs.


Duncan Campbell - Bâtisseur, rugby en fauteuil roulant

L’histoire inspirante de Duncan Campbell est la preuve que l’innovation est souvent la clé pour surmonter l’adversité. Il a grandi à Winnipeg et était très actif jusqu’à ce qu’un accident d’automobile l’ait rendu quadriplégique à l’âge de 17 ans. Même si les médecins avaient affirmé qu’il ne pourrait plus jamais vivre ou travailler par lui-même, Duncan Campbell était déterminé à poursuivre son style de vie active et a commencé à s’entraîner à un gymnase local avec un groupe de personnes ayant des déficiences physiques. Un jour, en 1976, alors que le groupe attendait le bénévole qui devait les aider à lever des poids, ils ont commencé à se lancer un ballon de volleyball, tout en se bousculant l’un contre l’autre avec leurs fauteuils roulants. Ils se sont inventé un jeu, et séduits par l’énergie exubérante et compétitive de leur nouveau jeu, ils ont décidé de l’appeler « murderball », la première version du sport de contact au rythme soutenu et hautement athlétique connu maintenant partout dans le monde comme le rugby en fauteuil roulant.

Pendant plus de 35 années, Duncan Campbell a pratiqué ce sport et a travaillé pour aider à faire du rugby en fauteuil roulant l’un des sports paralympiques les plus populaires et emblématiques au monde. Le rugby en fauteuil roulant a fait son entrée aux Jeux paralympiques de 1996 à Atlanta en tant que sport de démonstration et en 2000, il était intégré au programme officiel des Jeux, alors que Duncan Campbell agissait comme gérant de la haute performance pour Équipe Canada. Aujourd’hui, le rugby en fauteuil roulant accueille des équipes paralympiques venant de plus de 30 pays, et le Canada a aidé à mener ce sport vers de nouveaux sommets, remportant la médaille d’or aux Championnats du monde de 2002 et des médailles d’argent aux Jeux paralympiques de 2004 à Athènes et de 2012 à Londres. Duncan Campbell continue de siéger sur le comité de développement de la Fédération internationale de rugby en fauteuil roulant et a agi comme directeur national du développement avec l’Association canadienne des sports en fauteuil roulant. En 2004, le trophée du Championnat canadien de rugby en fauteuil roulant a été rebaptisé Coupe Campbell en son honneur, et en 2013, il s’est vu décerner l’Ordre paralympique international, le prix le plus prestigieux en sport paralympique.

L’héritage de Duncan Campbell en tant qu’innovateur est égalé par son remarquable engagement envers le mentorat et le travail communautaire. En 1976, il a développé, en compagnie d'un petit groupe d'amis, les règles de base et la règlementation, ainsi que le design des nouveaux fauteuils roulants qui allaient être les fondements de ce sport collectif paralympique de contact extrêmement populaire. Après avoir terminé ses études avec des diplômes en psychologie de l’Université du Manitoba et en administration des loisirs de l’Université de l’Alberta, il a commencé à travailler comme récréothérapeute au G.F. Strong Rehabilitation Centre, à Vancouver. Avec son sens de l’humour caractéristique et son authentique habileté à communiquer avec les gens de tous les milieux, il a aidé un nombre incalculable de jeunes à développer une confiance en soi et à confronter leurs limites grâce aux sports en fauteuil roulant. Connu affectueusement sous le nom de « Quadfather », il continue de jouer au rugby en fauteuil roulant au niveau récréatif, tout en agissant comme directeur du développement pour Rugby en fauteuil roulant Canada, aidant plus de gens avec des déficiences physiques à pratiquer des sports en fauteuil roulant. Changeant des vies et mettant au défi les idées reçues des personnes ayant des déficiences physiques, le rugby en fauteuil roulant est la seule discipline paralympique qui a été nommée « Sport du patrimoine », une nouvelle appellation qui a amené le Canada à l’avant-plan du mouvement international paralympique.


Sheldon Kennedy - Bâtisseur, hockey sur glace

Alors qu’il grandissait dans une petite ville du Manitoba, Sheldon Kennedy rêvait d’élargir ses horizons et de devenir un joueur professionnel au hockey. Sa détermination et son travail acharné comme jeune athlète l’ont mené à une médaille d’or au Championnat du monde junior de 1988, et il a été nommé, en 1989, capitaine des Broncos de Swift Current, menant l’équipe à la victoire en Coupe Memorial. Recruté par la Ligue nationale de hockey (LNH), il a joué au cours des huit saisons suivantes pour les Red Wings de Detroit, les Flames de Calgary et les Bruins de Boston. Extérieurement, alors que sa carrière connaissait du succès, Sheldon Kennedy semblait assuré par ses réalisations en tant qu’athlète professionnel, mais intérieurement, il souffrait d’une vérité secrète qui devait être dite.  

En 1996, après avoir été aux prises pendant de nombreuses années avec une détresse émotionnelle et psychologique, Sheldon Kennedy a pris la difficile décision d’accuser publiquement d’agression sexuelle son ancien entraîneur au hockey junior. C’était un acte courageux, dévoilant plus de cinq années d’agressions répétées qui ont commencé alors qu’il avait 14 ans. Après la condamnation de son ancien entraîneur, les accusations de Sheldon Kennedy se sont transformées en un urgent appel national à l’action pour améliorer la sécurité des enfants en sports, dans les écoles et autres organisations pour la jeunesse dans tout le Canada. Pendant plus de deux décennies, il a mené plusieurs initiatives d’importance capitale pour protéger les jeunes vulnérables, collaborant notamment avec Hockey Canada pour développer le programme Dis-le (maintenant appelé Respect et sport) qui a mené à une formation obligatoire pour les entraîneurs afin de prévenir l’intimidation, les abus et la discrimination. Réaffirmant son engagement personnel envers la sécurité des enfants, il a entrepris de patiner 8 000 kilomètres en patins à roues alignées à travers le Canada, pour amasser des fonds et sensibiliser la population. S'arrêtant pour prendre la parole dans de petites communautés et des arénas de hockey d’un bout à l’autre du pays, son périple a bénéficié d’une couverture médiatique importante et a amassé plus de 1,2 million de dollars pour les programmes de prévention des abus de la Croix-Rouge canadienne.

En 2004, Sheldon Kennedy a cofondé le Respect Group, une société qui collabore avec les écoles, les organisations sportives et les lieux de travail afin de prévenir les abus, l’intimidation et la discrimination. En 2010, il a commencé à collaborer avec le chef de police de la ville de Calgary et avec d’autres agences de protection de la jeunesse pour mettre en place le Calgary Child Advocacy Centre. Premier en son genre, ce centre offre des services plurijuridictionnels, incorporant des agences de services sociaux et de santé, les services de police et le système juridique. Ce nouveau « modèle de pratique intégrée » soutient les enfants victimes d’abus ainsi que leurs familles en s’assurant qu’ils ne soient pas submergés ou découragés alors qu’ils sont à la recherche de protection et naviguent à l’intérieur du système juridique. Sheldon Kennedy a aussi collaboré avec le Comité international olympique afin de développer le programme Protéger les athlètes, ainsi qu’avec le programme de lutte contre la toxicomanie de l’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey, offrant un soutien confidentiel aux autres survivants d’abus subis durant l’enfance. Pendant plus de 20 années, son héritage de défense des droits pleine de compassion a profondément changé la culture du sport dans tout le Canada, faisant en sorte que la protection des enfants demeure une priorité partagée entre les parents, les entraîneurs et les administrateurs.


Judy Kent - Bâtisseuse, administration sportive

Une vision forte du sport comme véhicule de changement social a guidé Judy Kent tout au long de son éminente carrière comme athlète, entraîneure, auteure prolifique, consultante et dirigeante d’organisations. Son implication en sport a débuté comme athlète et entraîneure en natation, au niveau senior et universitaire. Elle a commencé à travailler pour Jeux du Commonwealth Canada en 1987 et en 1992, elle est devenue la première femme à agir comme déléguée-votante à l’assemblée générale annuelle de la Fédération des Jeux du Commonwealth (FJC). De 1994 à 1998, elle a été la première femme présidente de Jeux du Commonwealth Canada et la première femme à agir comme chef de mission de cet organisme aux Jeux du Commonwealth de 1994 à Victoria. Déterminée à favoriser la présence d’autres femmes au sein de l’organisme, elle a mis en place de nouvelles initiatives pour recruter et former des leaders de sexe féminin et éventuellement, elle a fait en sorte que la parité des sexes soit l’un des cinq critères utilisés par la FJC pour sélectionner les sports au programme des Jeux.

Tout en brisant le plafond de verre, Judy Kent a mené la lutte pour que les Jeux du Commonwealth soient le premier événement international multisport à incorporer des athlètes ayant un handicap physique à l’horaire de compétition. Grâce à son militantisme, six épreuves en sport adapté ont été ajoutées avec succès à titre d’épreuves de démonstration aux Jeux du Commonwealth de 1994 à Victoria, pavant la voie pour leur ajout comme sports officiels en 2002. Elle a aussi œuvré pour offrir de meilleures opportunités aux athlètes autochtones au Canada, agissant comme conseillère lors de la création du Cercle sportif autochtone, agissant comme facilitatrice pour les séances conjointes États-Unis-Canada pour les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord et travaillant avec le comité organisateur d’Iqaluit dans leur planification pour être hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique. Sur la scène internationale, elle a offert son expertise à plusieurs initiatives innovantes qui utilisent le sport pour aborder la pauvreté, les conflits et les problèmes sociaux auprès des pays en voie de développement. Notamment, elle a aidé à mettre en place le Programme du Commonwealth de développement par le sport, devenu par la suite Développement international par le sport, qui continue encore aujourd’hui d’offrir du soutien aux enfants et adolescents à différents endroits du Commonwealth. En 2008, elle a aussi aidé à développer l’organisme naissant, Generations for Peace, basé à Amman, en Jordanie, et a formé plus de 1000 leaders venant de régions déchirées par la guerre partout dans le monde afin de promouvoir la paix par le sport et par d’autres initiatives communautaires.

Judy Kent a été nommée sur la liste des femmes les plus influentes en sport par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique (ACAFS) en 2003 et en 2004. Jeux du Commonwealth Canada lui a décerné en 2006 le prix du mérite, et en 2016, elle a été la première récipiendaire de l’ordre du mérite de la Fédération des Jeux du Commonwealth. Son approche collaborative vis-à-vis le leadership lui a permis de réunir des gens ayant des idées et des agendas très différents, de trouver des bases communes et d’atteindre des objectifs communs. Ses nombreuses années de service dévoué et son militantisme passionné ont laissé un héritage inédit, recadrant les possibilités d’utiliser le sport comme outil de développement social et communautaire au Canada et partout dans le monde.


Willie O'Ree - Bâtisseur, hockey sur glace

Willie O’Ree a découvert sa grande passion pour le hockey sur glace à un jeune âge, jouant sur une patinoire maison dans sa cour arrière et patinant jusqu’à l’école lorsque la température le lui permettait. Membre de l’une de seulement deux familles noires à Fredericton dans les années 1930, il a commencé, à l’âge de 14 ans, à rêver de devenir un joueur professionnel de hockey sur glace dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Il s’agissait d’un objectif qui demandait beaucoup de courage, de volonté et de persévérance, puisqu’aucun athlète noir n’avait joué auparavant dans la LNH. Ne se laissant pas décourager, il a été inspiré par l’exploit inédit du légendaire Jackie Robinson des Dodgers qui avait brisé la barrière de la couleur de la Ligue de baseball majeur en 1947.

Willie O’Ree a fait œuvre de pionnier, se frayant un chemin dans les ligues mineures après avoir déménagé dans la région centrale du Canada à l’âge de 19 ans. Il a subi une blessure sérieuse durant la saison 1955-1956 lorsqu’il a reçu une rondelle au visage, alors qu’il jouait pour les Canucks de Kitchener dans l’Association de hockey de l’Ontario. En plus d’avoir le nez et la pommette fracturés, il a perdu 95 pour cent de sa vision à l’œil droit. Refusant de croire les médecins qui affirmaient que sa carrière au hockey était terminée, il était de retour sur la glace en moins de deux mois. Choisissant de ne pas révéler sa perte de vision afin de pouvoir continuer de vivre son rêve de jouer dans la LNH, il a adapté son style de jeu en tant qu’ailier gauche, tournant la tête loin au-dessus de son épaule droite afin de compenser pour sa vision restreinte.

En 1958, pendant sa deuxième saison avec les As de Québec, les Bruins de Boston ont fait appel à Willie O’Ree pour remplacer un joueur blessé. Il a marqué officiellement l’histoire, à titre de premier joueur noir de la LNH, le 18 janvier 1958, lorsqu’il a sauté sur la patinoire dans l’uniforme des Bruins pour vaincre les Canadiens de Montréal par le pointage de 3 à 0. Il a joué deux parties cette année-là et est revenu en 1961 pour prendre part à 43 parties avec les Bruins, obtenant 4 buts et 10 passes. Armé de la même résilience et détermination qui l’avaient amené jusque-là, il a refusé d’être déconcentré par les commentaires racistes des partisans et joueurs des équipes adverses, alors qu’il pavait la voie à une plus grande diversité dans la LNH.

Après son séjour précurseur avec les Bruins, Willie O’Ree a joué pour un certain nombre d’équipes des ligues mineures, y compris les Blades de Los Angeles et les Gulls de San Diego de la Ligue de hockey de l’Ouest, mettant la main sur deux titres de meilleur marqueur avant de prendre sa retraite en 1979. Il est devenu un ambassadeur pour le programme de la diversité de la LNH en 1998 et directeur du développement des jeunes pour le groupe de travail conjoint LNH/É.-U. sur la diversité au hockey, une initiative à but non lucratif qui encourage les jeunes des minorités à pratiquer le hockey. Visitant des écoles et diverses communautés partout en Amérique du Nord, il a aidé à mettre en place plusieurs programmes de hockey locaux. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey et la LNH a créé le prix annuel Héros de la communauté Willie O’Ree, honorant son héritage porteur d’autonomie et son engagement continu d’aider les jeunes à surmonter l’adversité et vivre leurs rêves.


Ross Powless - Bâtisseur, crosse

Considéré comme l’un des pères de la crosse moderne au Canada, Ross Powless est né à Ohsweken, en Ontario, sur la réserve des Six Nations de la rivière Grand en 1926. Membre du clan des tortues, de la nation mohawk (Kanien'kehá:ka) des Haudenosaunee, ou Confédération des Six Nations, Ross Powless a vécu cinq années de son enfance au pensionnat autochtone Mohawk Institute Indigenous Residential School, à Brantford, en Ontario. La crosse, le jeu du Créateur, revêt une profonde signification spirituelle et culturelle pour le peuple haudenosaunee et a donné à Ross Powless un puissant moyen de recouvrer son héritage après avoir enduré une grande privation et un isolement loin de sa famille et de sa culture au pensionnat autochtone.

Il a commencé à pratiquer la crosse à l’âge de 12 ans et ses habiletés exceptionnelles et sa détermination ont rapidement attiré l’attention d’équipes partout au Canada et aux États-Unis.

Discipliné et loyal, Ross Powless ne pouvait faire autrement que de rehausser l’image de la crosse partout où il jouait. Entre 1951 et 1953, il a gagné trois titres consécutifs de championnat canadien senior A avec les Timbermen de Peterborough. En 1951 et 1952, il s'est vu remettre le prix Tom Longboat en tant que meilleur athlète des Premières Nations de l’Ontario. En 1953, il a reçu le Trophée commémoratif Mike Kelley à titre de joueur le plus utile à la crosse senior A au Canada. En tant que joueur-entraîneur de l’équipe senior A des Lincoln Burners de Hamilton entre 1956 et 1958, il a remporté tous les trophées de l’Association de crosse de l’Ontario qu’il pouvait gagner, y compris le titre de meilleur marqueur de la ligue, joueur le plus utile, meilleur joueur défensif et entraîneur de l’année.

Entraîneur exceptionnel, Ross Powless a mené autant des équipes autochtones que non autochtones à des championnats de crosse à tous les niveaux de compétition, de tournois régionaux à des championnats internationaux. Mentor inspirant et gardien du savoir, possédant une connaissance encyclopédique de la crosse, il a aidé les joueurs à améliorer leurs habiletés et leur confiance à atteindre leur plein potentiel. Parmi plusieurs de ses exploits comme entraîneur, il a mené l’équipe canadienne senior de crosse à la victoire face aux États-Unis à l’Expo 67 à Montréal. En 1974, il a été l’entraîneur de six de ses fils, membres de l’équipe des Premières Nations de l’Ontario et a remporté le titre national au Tournoi de crosse autochtone nord-américain à Nanaimo, en Colombie-Britannique.

Bien que confronté à des propos discriminatoires et racistes de la part de spectateurs et de joueurs d’équipes adverses, Ross Powless n’a cessé faire disparaître les obstacles pour les peuples autochtones avec son esprit sportif exemplaire, ses qualités athlétiques, son travail comme entraîneur de calibre mondial et son leadership organisationnel.

Non seulement Ross Powless a-t-il démontré ses habiletés de leader en sport, il en a aussi fait la démonstration dans son leadership communautaire. Il a œuvré pour sa communauté des Six Nations de la rivière Grand en tant qu’administrateur du conseil de bande, inspecteur du logement et membre du conseil de bande, tout en développant en même temps plusieurs nouvelles opportunités en sport et en loisir pour les athlètes autochtones. En 1997, l’Association des loisirs de l’Ontario lui a remis le Prix pour service bénévole en reconnaissance de ses efforts et de ses réalisations. Plusieurs enfants de Ross Powless ont fait partie d’équipes championnes de crosse ou ont contribué au développement de la crosse. Son fils, Gaylord Powless, qui a été intronisé au Panthéon des sports canadiens en 2017, se démarque comme l’un des plus grands joueurs de crosse qui ont été entraînés et inspirés par Ross Powless. Honorant ses enfants et ses petits-enfants en leur remettant des bâtons de crosse traditionnels iroquois, faits de bois et fabriqués à la main à la réserve des Six Nations de la rivière Grand par des artisans autochtones, Ross Powless n’a jamais cessé d’inspirer les nouvelles générations pour qu’ils continuent de développer le sport de la crosse sur les bases solides qu’il avait érigées. Ross Powless est décédé en tant qu’aîné respecté de sa communauté en 2003.

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